Quelle est l’externalité négative ou, dit plus simplement, le type de nuisance le plus important que subissent les citadins au quotidien dans la majorité des villes ? La réponse est sans appel et tient en deux mots : le bruit.

En Suisse, ce sont 1,3 million de personnes qui sont affectées par les nuisances sonores, ce qui engendre un coût global d’environ 1,2 milliard de francs (principalement dans le domaine de la santé) pour la société. L’OMS a d’ailleurs décrété que la problématique du bruit en milieu urbain est l’un des principaux problèmes de santé publique actuel et futur. Il s’agit d’un problème dont le phénomène est triplement grandissant : parce que de plus en plus d’habitants quittent les campagnes pour s’établir en ville, parce que la mobilité des personnes croît d’année en année et finalement parce que les villes se densifient de plus en plus.

La principale source de cette nuisance en Suisse est le trafic routier. Suivent dans l’ordre : le trafic ferroviaire, le trafic aérien, les bruits quotidiens et les activités de loisir (terrasses de bistros, événements sportifs, concerts, etc.). A l’échelle mondiale, l’OMS estime par exemple que le bruit causé par la circulation conduit chaque année à la perte de plus d’1 million d’années de vie en bonne santé !

Pour lutter contre ce fléau, il faut doter les collectivités publiques de moyens afin de limiter en priorité les émissions du bruit à la source (pneus silencieux sur les véhicules par exemple), plutôt qu’en chemin (revêtements phono-absorbants par exemple) ou à l’arrivée (port de boule Quies pour dormir par exemple).

Le postulat 15.3840 intitulé « Pour un plan national de mesures pour diminuer les nuisances sonores » que j’ai déposé le 14 septembre 2015 et qui a été accepté par le Conseil national vient d’aboutir, le Conseil fédéral ayant récemment rendu son rapport à ce sujet.

C’est une bonne nouvelle : le paquet des neuf mesures prévues dans le plan a pour objectif de protéger plus efficacement la population contre le bruit nuisible ou incommodant en évitant principalement le bruit à la source, ce qui rejoint les priorités de mon postulat. La promotion de la tranquillité et de la détente dans le développement urbain ainsi qu’un monitoring de la population phonique sont les deux autres axes prévus par le plan.

Il ne manque désormais plus qu’à la Confédération à… passer à l’action en mettant en œuvre ces mesures visant à limiter le bruit. Cela permettra à terme d’améliorer sensiblement la qualité de vie des citadins !