Guillaume Barazzone

Améliorons la nouvelle maturité bilingue!

25 septembre, 2011  |  Publié dans A chaud, Articles récents

TRIBUNE DE GENEVE – septembre 2011 -

La nouvelle filière maturité mention bilingue des collèges genevois, qui encourage l’apprentissage des langues secondes (anglais, allemand ou italien) par le biais de séjours linguistiques, est déjà critiquée. D’abord parce que le coût de ces séjours, à la charge des parents, risque de dissuader de nombreux candidats (la «Tribune» du 25 août).

Mais pas seulement. Ardent défenseur du développement de l’enseignement des langues étrangères à l’école, le député Guillaume Barazzone va déposer une interpellation urgente au Grand Conseil pour demander au Département de l’instruction publique (DIP) de retoucher sa dernière filière. «On a vendu quelque chose sur le papier qui ne correspond pas aux prestations offertes. Le projet a été lancé alors qu’il n’était de loin pas abouti, il manque une vraie volonté politique de la part du DIP. Certains établissements scolaires ne sont pas motivés du tout et de nombreux profs mettent les pieds au mur, les élèves se sentent ainsi très mal soutenus et grandement livrés à eux-mêmes», constate le démocrate-chrétien.

Dommage, alors que la Suisse renouvelle son regard sur l’enseignement des langues: après avoir longtemps privilégié l’écrit, on souhaite à présent aussi dynamiser l’expression orale. Un changement qui enthousiasme Guillaume Barazzone: «Ne ratons pas le coche. Dans un monde professionnel toujours plus exigeant, la maîtrise des langues étrangères est un atout de poids. Cela permettra peut-être à l’avenir à des jeunes de postuler à des emplois occupés aujourd’hui par des expatriés…»

Au DIP, on souhaite laisser du temps à cette filière, qui démarre à peine. «L’essence même d’un projet est de s’affiner pendant sa mise en œuvre; les partenaires s’impliquent pour lui donner une forme de plus en plus performante», explique Chantal Andenmatten, directrice du Service enseignement et formation au postobligatoire du DIP. Mais l’élu PDC n’en démord pas; lui aussi estime enfin «inacceptable» que cette nouveauté scolaire ne soit destinée qu’aux familles aisées! Car le coût de certains séjours à l’étranger peut atteindre une bonne vingtaine de milliers de francs. «Il faut un système égalitaire avec des bourses pour aider les élèves motivés et ayant les notes requises mais qui n’ont pas forcément les moyens financiers pour effectuer de tels séjours linguistiques», revendique le contestataire. Les conditions actuelles du DIP ne vont pas dans ce sens: l’engagement financier couvrant le séjour linguistique et scolaire est entièrement à la charge des parents, peut-on lire dans la directive officielle.

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